
Le coaching et la santé inspirés par le sport de compétition
Avec plus de 15 ans d’expérience en tant que coach, enseignant et superviseur, j’ai développé une compréhension approfondie de ce métier. Il me nourrit, me passionne et me permet de grandir en tant qu’homme et professionnel. Cependant, il peut aussi s'avérer exigeant et épuisant, physiquement, mentalement, psychologiquement, émotionnellement et énergiquement.
Nous vivons de nombreuses relations, à la fois positives et intenses, et nous vivons des moments de poésie, comme le disait si bien Edgar Morin. Il est facile de se laisser envahir par un métier qui occupe une place importante dans nos vies, sur différents plans.
Mon expérience de sportif de compétition et d’entraîneur m’a permis de développer des stratégies pour me préparer et vivre ce métier de manière la plus « écologique » possible pour moi.
Voici quelques enseignements que je partage :
- Apprendre à dire non (ou du moins, à ne pas répondre immédiatement)
Nous sommes souvent confrontés à des périodes d’alternance entre pénurie et abondance, voire surabondance. Les phases de pénurie peuvent nous amener à intérioriser des peurs qui nous poussent à accepter tout, à tout prix, dès qu’une opportunité se présente.
Cette dynamique peut conduire certains coachs à l’épuisement professionnel, au burn-out, voire à un désenchantement profond envers un métier qu’ils aiment pourtant. En sortant de cette logique de peur, nous reprenons le contrôle de notre destin : nous choisissons de nous placer au premier plan et de créer une abondance choisie, en accord avec notre projet de vie actuel... et réaliste.
- Prendre soin de notre corps, c’est prendre soin de notre énergie
Notre métier exige une présence constante, similaire à celle d’un sportif de haut niveau. Notre corps étant une « machine de précision », il est essentiel d’appliquer régulièrement des principes simples pour optimiser le fonctionnement hormonal et de garantir la disponibilité de notre énergie, physique comme mentale, lorsque nous en avons besoin.
Alimentation, hydratation, sport et sommeil sont les piliers de cette approche. Chacun demande un certain travail de développement personnel : comprendre quoi et quand manger, s’hydrater en fonction de son âge et du moment de la journée, choisir les activités physiques adaptées à ses spécificités pour améliorer son équilibre cardio-respiratoire, sa force et sa mobilité, et enfin, identifier les conditions propices à un sommeil réparateur et régulier.
Il n’est pas nécessaire que tous les coachs deviennent experts, mais il est crucial d'en reconnaitre l’importance et d'intégrer, dans leur « cercle de ressources » un ou des professionnels de confiance pour construire son « protocole santé ». Ce protocole bénéficiera non seulement au métier et aux clients, mais surtout à la santé et au bien-être du coach.
- S’accorder de vraies pauses, loin du métier et du monde du coaching
Il est essentiel de nous accorder régulièrement de véritables pauses, loin de notre métier et du monde du coaching en général. Le travail intellectuel et mental que nous effectuons auprès de nos clients est extrêmement exigeant. Nous devons constamment nous adapter à des environnements professionnels et culturels variés, et nous sommes confrontés à des problématiques complexes qui nous mobilisent pleinement : comprendre les expériences de nos clients, affiner notre lecture de leurs situations, améliorer notre capacité à les aider.
Nous adaptons également notre communication à nos interlocuteurs afin d'être compris avec justesse, et nous faisons face aux exigences de nos rôles de dirigeants de TPE ou de coachs internes, qui cherchent à intégrer cette compétence au sein de l’entreprise. Reconnaître cette réalité est essentiel, et accepter, sans culpabiliser, que nous avons besoin de pauses régulières pour alléger notre charge mentale et nous régénérer.
- Prendre soin de notre bien-être psychique et émotionnel est primordial
En tant que coachs, nous sommes des objets transférentiels, utilisant non seulement nos outils et techniques, mais aussi notre propre expérience pour établir une relation d’aide avec nos clients. Pour certains, nous devenons des points d’ancrage essentiels tout au long de l'accompagnement, nous confiant des états et des situations intimes ou marquantes.
Dans ce cadre, nous ne pouvons ni tout absorber ni nous protéger excessivement. Nous devons être présents avec eux, dans un état interne qui favorise le meilleur discernement possible tout en nous impliquant émotionnellement. Accepter cette réalité est crucial : sans elle, nous risquons de devenir de simples « techniciens froids » de la relation humaine.
Il devient alors indispensable de nous accorder des moments de recul. Comprendre l’origine des résonances qui nous traversent, recevoir du soutien et de l’empathie à notre tour sont autant de moyens souvent complémentaires, à combiner. Le travail en psychothérapie me semble être la pierre angulaire de cet équilibre. À sa manière, la supervision contribue à nourrir notre besoin d’équilibre émotionnel et de conscience de soi.
Enfin, des activités comme le yoga, la méditation, la sophrologie, ou simplement des balades en nature ou de la lecture au coin du feu sont autant d’opportunités pour nous recentrer « tête / coeur / tripes ».
Reconnaître que ce métier est à la fois épuisant et gratifiant nous pousse à nous organiser pour le pratiquer durablement. Il devient alors essentiel de constituer un « cercle de ressources » pour obtenir le soutien nécessaire à une pratique ajustée et performante. On ne saurait imaginer un sportif de haut niveau exceller sans entraîneur, préparateur physique, mental, ni conseils nutritionnels avisés. La comparaison avec la pratique du métier de coach professionnel peut être faite si l’on considère la mobilisation intégrale de notre être qu’elle exige.
Article publié le 20 janvier 2026
Rédigé par Thomas Kourliandsky
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